Le Scardon, rivière de Picardie, est un affluent de la Somme (rive droite). Bien que d'une faible longueur (12 kilomètres), son cours, d'une remarquable stabilité dans le temps, présente un grand intérêt par les découvertes préhistoriques de Caours et le riche patrimoine de la ville de Saint-Riquier.
Géographie [modifier]
Le Scardon s'écoule de Saint-Riquier à Abbeville à travers le Ponthieu. Son cours se limite à 12,4 kilomètres[1]. mais sa vallée, orientée nord-est / sud-ouest, se poursuit en amont, sans écoulement apparent, sur une dizaine de kilomètres. La rivière reçoit deux petits affluents à Abbeville :
* La Drucat qui mesure 5,4 kilomètres de long, prend sa source à Drucat, traverse Caours et conflue à Abbeville, l'ensemble du cours étant inclus dans le canton d'Abbeville-Nord.[2].
* La Novion dont le cours est de seulement 1,4 kilomètre de long, prend sa source et conflue sur le territoire de la commune d'Abbeville.[3].
Grâce à ces derniers, le bassin versant du Scardon s'étend sur 206 km² et procure à la rivière un débit de 1,4 m³/s à l'exutoire[4] dans le cadre d'un régime pluvial océanique. Ce dernier est marqué par une grande régularité en raison de la présence d'un puissant aquifère alimentant les différents cours d'eau de la région comme l'Authie, plus au nord.
La vallée du Scardon peut atteindre 700 mètres dans sa plus grande largeur (ce qui peut paraître étonnant pour un cours d'eau de cette taille) et est franchie par l'imposant viaduc de l'autoroute A 16, construit selon la technique du béton précontraint en 1997 et long de 1 022 mètres[5].
Histoire [modifier]
La façade de l'église abbatiale de Saint-Riquier
La façade de l'église abbatiale de Saint-Riquier
Dans une région riche en vestiges préhistoriques, une découverte récente, réalisée à Caours dans la vallée du Scardon, pourrait permettre de mieux comprendre le destin de l'homme de Néandertal ou d'épaissir encore le mystère de sa disparition. La présence d'un site néandertalien de découpe d'animaux lors de la période de l'Eémien (130 000 à 115 000 ans avant notre ère) prouve, d'après les spécialistes, que Néandertal s'était parfaitement adapté au climat tempéré qui affectait la contrée à cette époque[6]. Cela remet donc en cause la théorie selon laquelle la disparition de ce formidable chasseur aurait été directement liée à son impossibilité à supporter les changements climatiques brutaux qui régnaient alors (alternance de périodes glaciaires et de périodes de réchauffement)[6].
Dans la partie supérieure de son cours, le Scardon traverse la commune de Saint-Riquier qui peut s'enorgueillir d'une riche histoire. Pagus gallo-romain, connu sous le nom de Centula, probablement capitale de la tribu des Oromensacii, la ville prit son nom actuel après la fondation au VIIe siècle d'une abbaye dédié à Ricarius, riche personnage devenu ermite qui évangélisa une partie des populations encore païennes du nord de la France sous le règne de Dagobert Ier, roi des Francs de 629 à 639[7]. L'établissement religieux connut sa plus brillante période sous la direction de l'abbé Angilbert, conseiller de Charlemagne, qui en fit un des grands centres d'études de la chrétienté. Malgré sa destruction par les Normands en 881, le rayonnement de l'abbaye persista jusqu'au début du XIIe siècle lorsque cette dernière fut incendiée, en 1131, par un seigneur local, le comte de Saint-Pol, Hugues III de Campdavaine[8]. De nouveaux saccages, au XVe siècle et au XVIe siècle, la ruinèrent définitivement[8]. L'église abbatiale, avec sa façade exubérante dominée par une haute tour carrée, demeure un des plus beaux édifices religieux de Picardie.
Saint-Riquier fut également une des premières communes de France car, dès 1126, Louis VI le Gros accorda à la cité une charte d'indépendance[8]. Cette longue et brillante continuité historique lui a légué, en plus de l'église abbatiale, un patrimoine architectural exceptionnel pour une ville de cette taille : beffroi, ruines du château de Drugy, hôtels particuliers du XVIIe siècle et XVIIIe siècle, hospice du XVIIIe siècle, curieuse maison d'habitation d'un grognard de la Grande armée dont la façade a adopté la forme d'un bicorne napoléonien.[8].
Notes et références [modifier]
L'imposant viaduc du Scardon près d'Abbeville
L'imposant viaduc du Scardon près d'Abbeville
1. ↑ SANDRE, « Fiche du Scardon (E6480600) ». Consulté le 11 juin 2008
2. ↑ SANDRE, « Fiche de la Drucat (E6480650) ». Consulté le 15 juin 2008
3. ↑ SANDRE, « Fiche de la Novion (E6480660) ». Consulté le 15 juin 2008
4. ↑ Rapport du projet de plan de prévention des risques d’inondations de la vallée de la Somme et de ses affluents, préfecture de la Somme Lire en ligne. Consulté le 11 juin 2008.
5. ↑ Le viaduc du Scardon sur Structurae. Consulté le 11 juin 2008.
6. ↑ a b Quand Néandertal s'invite à l'Eémien : découverte d'un site primordial, article de l'INRAP sur futura-sciences.com Lire en ligne. Consulté le 11 juin 2008.
7. ↑ Guide bleu de Picardie, Hachette, Ed. 2003, p.131.
8. ↑ a b c d L'histoire de la ville et de l'abbaye, description détaillée de l'église abbatiale sur le site du Ministère de la culture. Consulté le 11 juin 2008.
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v · d · m
Affluents (et sous-affluents) de la Somme
100 km < Canal de la Somme . Somme .
50 km < Avre .
30 km < Ancre . (Noye) . Omignon . Selle ·
10 km < Airaines · Cologne · Dien · Hallue · (Évoissons) · Ingon · (Luce) · Nièvre · Saint-Landon · Scardon · Sommette · Tortille · (Trois Doms) ·
1 km < Amboise · Beine · (Braches) · Germaine · Trie ·
divers regroupés (Avalasse) · (Boulangerie) . (Canal) . (canal de Lamoricière) · (Domart) · (Drucat) · (Echaut) · (Fieffe) · (Fossé) . (gué du Nil) · (Nœlle) · (Novion) · (Petit Ingon) · (Petits Évoissons) · (Rivière de Poix) · (Rivière de Rouvroy) · (Rivière des îles) · (Rivière des parquets) · (Ru Saint-Firmin) ·
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vendredi 22 août 2008
dimanche 10 août 2008
Aisne (rivière française)
L'Aisne est une rivière du nord de la France. Elle prend sa source dans l'Argonne à Sommaisne, près de la limite entre les départements de la Meuse et de la Marne, et se jette dans l'Oise à Compiègne, dans le département de l'Oise, après un long parcours de 353 kilomètres.
Sommaire
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* 1 Nom
* 2 Départements et principales villes traversés
* 3 Hydrographie - Affluents
* 4 Hydrologie
o 4.1 Bassin supérieur - En amont de Rethel
o 4.2 Cours inférieur - L'Aisne près de Compiègne
o 4.3 Débits des cours d'eau du bassin de l'Aisne
* 5 Tourisme
o 5.1 La pêche
o 5.2 Monuments et sites à visiter
* 6 Notes et références
* 7 Divers
* 8 Articles connexes
* 9 Lien externe
Nom [modifier]
Le nom Aisne provient du celtique Axonna, Axona[1], d'un radical ax- et du suffixe -onna, fréquent dans les noms de rivières.
Départements et principales villes traversés [modifier]
* Meuse (55) : Vaubecourt, Triaucourt-en-Argonne
* Marne (51) : Sainte-Menehould
* Ardennes (08) : Vouziers, Attigny, Rethel , Château-Porcien, Asfeld
* Aisne (02) : Neufchâtel-sur-Aisne, Vailly-sur-Aisne, Soissons, Vic-sur-Aisne
* Oise (60) : Attichy, Compiègne
Hydrographie - Affluents [modifier]
Principaux affluents :
* l'Ante
* l'Auve, grossie de l'Yèvre
* la Bionne
* la Biesme
* la Tourbe
* l'Aire qui reçoit les eaux de la Cousances et de l'Agron
* la Vaux
* la Retourne
* la Suippe grossie des eaux de la Py
* la Vesle qui reçoit les eaux de l'Ardre
* la Crise
* le Rû de Bernes
Entre Vieux-lès-Asfeld et Semuy, l'Aisne est longée par le canal des Ardennes, lequel se prolonge entre Semuy et Vouziers. A Semuy le canal s'engage dans une vallée latérale en direction nord-est, d'où il rejoindra la Meuse en aval de Sedan en suivant la vallée de la Bar.
En aval de Vieux-lès-Asfeld, l'Aisne est encore longée par un autre canal, le canal latéral à l'Aisne qui relie cette dernière localité à Celles-sur-Aisne.
Hydrologie [modifier]
Bassin supérieur - En amont de Rethel [modifier]
Dans son cours supérieur, l'Aisne grossie de nombreux affluents issus des hauteurs de l'Argonne se présente comme un cours d'eau assez abondant. Son débit a été observé sur une période de 38 ans (1969-2007), à Givry, localité du département des Ardennes située un peu en amont de Rethel [2]. Le bassin versant de la rivière y est de 2 940 km² (soit un peu plus du tiers de sa totalité qui fait 7 920 km²).
Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à Givry est de 31,2 m³ par seconde, c'est-à-dire la moitié du débit final de la rivière (65 m³).
L'Aisne y présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, comme bien souvent dans l'est de la France, avec des hautes eaux d'hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 50 et 66 m³ par seconde, de décembre à mars inclus (avec un maximum en janvier), et des basses eaux d'été, de fin juin à début octobre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à 6,17 m³ au mois de septembre.
À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 2,00 m³, en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est pas excessivement bas. Rappelons que le VCN3 est la quantité minimale écoulée ou débit minimal sur trois jours consécutifs.
Quant aux crues, elles existent sans être trop importantes, à l'inverse donc des cours d'eau coulant plus à l'est, sur le plateau lorrain entre autres. Ainsi le débit instantané maximal enregistré a été de 300 m³ par seconde le 1er février 1977, tandis que la valeur journalière maximale était de 297 m³ par seconde le 22 du même mois. Le QIX 10 ou débit calculé de crue décennale est de 260 m³/s, le QIX 20 de 290 m³/s et le QIX 50 de 330 m³/s. Les QIX 2 et QIX 5 valent quant à eux respectivement 190 et 230 m³/s (voir note [3]). D'où il ressort que les crues de février 1977 étaient d'ordre vicennal, et nullement exceptionnelles.
Au total, l'Aisne dans son cours supérieur est une rivière assez abondante, alimentée par des précipitations notables, dans la région des hauteurs de l'Argonne. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 336 millimètres annuellement, ce qui est assez élevé, un peu supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, et surtout à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (220 millimètres). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint le chiffre de 10,6 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Cours inférieur - L'Aisne près de Compiègne [modifier]
Entre Givry et la fin de son parcours, l'Aisne a traversé toute l'étendue de la Champagne crayeuse et reçu notamment une série d'affluents moins irréguliers, aux étiages peu sévères, aux crues faibles et au débit maximal décalé vers la période de fin d'hiver et du printemps, tels la Retourne, la Suippe et la Vesle. L'Aisne a aussi bénéficié de nombreux apports souterrains liés à la présence d'eaux souterraines abondantes. Une bonne partie de l'eau des précipitations en Champagne crayeuse échappe en effet à l'écoulement et après s'être infiltrée, est stockée dans le sous-sol, étant donnée la grande perméabilité des terrains. Mais ces eaux d'infiltration ne sont perdues que momentanément par les petites rivières et finissent par retourner aux cours d'eau les plus importants qui coulent toujours en contrebas. En d'autres termes le sous-sol de la Champagne joue le rôle de régularisateur : il absorbe une partie de l'eau excédentaire durant l'hiver, et, lorsque les nappes souterraines ont bien remonté, en fin d'hiver et au printemps, restitue cette eau à la rivière principale de la région, en l'occurrence l'Aisne. Ce phénomène se produit aussi en faveur de la Marne voisine.
De ce fait le profil de l'Aisne s'est relativement adouci lors de la traversée de la Champagne. Elle est devenue plus régulière, son débit d'étiage a nettement augmenté, et sa période de hautes eaux s'est allongée au printemps.
Son débit a été observé durant une période de 42 ans (1961-2002), à Trosly-Breuil, localité du département de l'Oise située un peu en amont de Rethondes [4]. Le bassin versant de la rivière y est de 7 940 km², soit la presque totalité de celui-ci.
Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à Trosly-Breuil est de 65,4 m³/s.
La saison des hautes eaux s'étend désormais de décembre à début mai pour des débits mensuels moyens allant de 85 à 120 m³/s, avec un maximum en février. La saison des basses eaux se produit de juillet à octobre avec un minimum devenu très confortable de 24 m³/s au mois d'août. Le débit d'étiage VCN3 en cas de quinquennale sèche, passe de 2,1 m³/s (Givry) à 8,6 m³/s à Trosly-Breuil. Il fait plus que quadrupler, alors que le module ne fait que doubler.
Débit moyen mensuel de l'Aisne (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Trosly-Breuil
Données calculées sur 42 ans
A Trosly-Breuil, les QIX n'ont pas été calculés, mais les QJ ou débits calculés pour une crue journalière l'ont bien été. Le QJ 5 vaut 310 m³/s et le QJ 50 500 m³/s. Ces niveaux sont bien suffisants pour occasionner de sérieux débordements. Et si le débit moyen a doublé entre les deux localités, les débits de crue n'ont augmenté que de 45 à 55 %.
Enfin, la lame d'eau écoulée dans le bassin versant de l'Aisne est passée de 336 millimètres à 260 annuellement, ce qui devient inférieur à la moyenne d'ensemble de la France, mais reste supérieur à la totalité du bassin de la Seine (240 millimètres). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) n'atteint désormais plus que 8,2 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Débits des cours d'eau du bassin de l'Aisne [modifier]
Nom Localité Débits en m³ par seconde Côte
max(m) Max.
instant. Max.
journ. Lame
d'eau
(mm) Surface
(km²)
Module VCN3
(étiage) QIX 2 QIX 5 QIX 10 QIX 20 QIX 50
Aisne Passavant-en-Argonne 2,66 0,027 24 35 43 50 59 3,18 46,9 45,6 377 223
Ante Châtrices 0,993 0,029 9,3 13 15 17 20 2,34 14,0 13,1 278 113
Biesme Le Claon 0,925 0,014 15 19 21 23 26 2,80 23,3 17,3 411 71
Aire Chevières 13,6 0,420 100 140 160 180 210 3,49 240,0 190,0 431 1 000
Aisne Mouron 23,9 1,100 150 210 250 290 340 3,93 296,0 310,0 332 2 280
Aisne Givry 31,2 2,100 190 230 260 290 330 5,09 300,0 297,0 336 2 940
Vaux Écly 4,46 0,300 54 74 87 99 - 2,90 113,0 87,7 446 316
Retourne Houdilcourt 1,59 0,050 2,8 4 4,8 5,5 6,5 1,48 - 7,5 156 322
Suippe Orainville 4,34 0,300 7,8 11 13 15 17 1,54 16,4 16,4 171 802
Aisne Berry-au-Bac 48,20 3,900 200 280 330 380 450 3,78 - 478 291 5 230
Vesle Braine 7,72 1,400 18 24 27 31 - 1,89 34,1 32 169 1 440
Crise Soissons 0,78 0,310 2,3 2,8 3,2 3,5 - 0,90 3,8 3,4 209 118
Aisne Trosly-Breuil 65,40 8,600 220 310 370 420 500 3,69 - 451,0 260 7 940
Tourisme [modifier]
La pêche [modifier]
Du point de vue piscicole, l'Aisne est classée cours d'eau de deuxième catégorie. La rivière est riche en poissons blancs dont les plus représentés sont les gardons, les ablettes et les brèmes. Elle abrite également de belles populations de brochets, de carpes, de tanches, de barbeaux, de goujons et de perches. Toutes ces populations sont présentes en grande densité.
Monuments et sites à visiter [modifier]
* Soissons, sa cathédrale gothique et ses abbayes.
* Compiègne, son château et sa forêt.
* Rethondes et la clairière de l'armistice.
* Asfeld et son église très particulière.
* Rethel
* Vouziers
* Les belles forêts de l'Argonne.
Notes et références [modifier]
1. ↑ Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre II, 5.
2. ↑ Banque Hydro - Station H6221010 - L'Aisne à Givry (ne pas cocher la case "station en service")
3. ↑ Le QIX 20 ou débit calculé pour une crue vicennale, est la valeur du débit calculé pour une crue ayant statistiquement une chance sur vingt de se produire chaque année. On calcule aussi le QIX 50, c'est-à-dire la valeur du débit calculé pour une crue cinquantennale. Enfin le QIX 2 et le QIX 5 sont les débits calculés pour une crue biennale et quinquennale, c'est-à-dire une crue qui doit se produire en moyenne tous les deux ou cinq ans. Ils permettent d'apprécier les risques à plus court terme.
4. ↑ Banque Hydro - Station H6531011 - L'Aisne à Trosly-Breuil (ne pas cocher la case "station en service")
Divers [modifier]
L'Aisne est une rivière navigable sur laquelle de nombreuses écluses sont aménagées. La partie amont de la rivière, non navigable, est également appelée « Aisne sauvage ».
Articles connexes [modifier]
* La liste des rivières de France
* La Vaux
* La Serre
* La Suippe
Sommaire
[masquer]
* 1 Nom
* 2 Départements et principales villes traversés
* 3 Hydrographie - Affluents
* 4 Hydrologie
o 4.1 Bassin supérieur - En amont de Rethel
o 4.2 Cours inférieur - L'Aisne près de Compiègne
o 4.3 Débits des cours d'eau du bassin de l'Aisne
* 5 Tourisme
o 5.1 La pêche
o 5.2 Monuments et sites à visiter
* 6 Notes et références
* 7 Divers
* 8 Articles connexes
* 9 Lien externe
Nom [modifier]
Le nom Aisne provient du celtique Axonna, Axona[1], d'un radical ax- et du suffixe -onna, fréquent dans les noms de rivières.
Départements et principales villes traversés [modifier]
* Meuse (55) : Vaubecourt, Triaucourt-en-Argonne
* Marne (51) : Sainte-Menehould
* Ardennes (08) : Vouziers, Attigny, Rethel , Château-Porcien, Asfeld
* Aisne (02) : Neufchâtel-sur-Aisne, Vailly-sur-Aisne, Soissons, Vic-sur-Aisne
* Oise (60) : Attichy, Compiègne
Hydrographie - Affluents [modifier]
Principaux affluents :
* l'Ante
* l'Auve, grossie de l'Yèvre
* la Bionne
* la Biesme
* la Tourbe
* l'Aire qui reçoit les eaux de la Cousances et de l'Agron
* la Vaux
* la Retourne
* la Suippe grossie des eaux de la Py
* la Vesle qui reçoit les eaux de l'Ardre
* la Crise
* le Rû de Bernes
Entre Vieux-lès-Asfeld et Semuy, l'Aisne est longée par le canal des Ardennes, lequel se prolonge entre Semuy et Vouziers. A Semuy le canal s'engage dans une vallée latérale en direction nord-est, d'où il rejoindra la Meuse en aval de Sedan en suivant la vallée de la Bar.
En aval de Vieux-lès-Asfeld, l'Aisne est encore longée par un autre canal, le canal latéral à l'Aisne qui relie cette dernière localité à Celles-sur-Aisne.
Hydrologie [modifier]
Bassin supérieur - En amont de Rethel [modifier]
Dans son cours supérieur, l'Aisne grossie de nombreux affluents issus des hauteurs de l'Argonne se présente comme un cours d'eau assez abondant. Son débit a été observé sur une période de 38 ans (1969-2007), à Givry, localité du département des Ardennes située un peu en amont de Rethel [2]. Le bassin versant de la rivière y est de 2 940 km² (soit un peu plus du tiers de sa totalité qui fait 7 920 km²).
Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à Givry est de 31,2 m³ par seconde, c'est-à-dire la moitié du débit final de la rivière (65 m³).
L'Aisne y présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, comme bien souvent dans l'est de la France, avec des hautes eaux d'hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 50 et 66 m³ par seconde, de décembre à mars inclus (avec un maximum en janvier), et des basses eaux d'été, de fin juin à début octobre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à 6,17 m³ au mois de septembre.
À l'étiage, le VCN3 peut chuter jusque 2,00 m³, en cas de période quinquennale sèche, ce qui n'est pas excessivement bas. Rappelons que le VCN3 est la quantité minimale écoulée ou débit minimal sur trois jours consécutifs.
Quant aux crues, elles existent sans être trop importantes, à l'inverse donc des cours d'eau coulant plus à l'est, sur le plateau lorrain entre autres. Ainsi le débit instantané maximal enregistré a été de 300 m³ par seconde le 1er février 1977, tandis que la valeur journalière maximale était de 297 m³ par seconde le 22 du même mois. Le QIX 10 ou débit calculé de crue décennale est de 260 m³/s, le QIX 20 de 290 m³/s et le QIX 50 de 330 m³/s. Les QIX 2 et QIX 5 valent quant à eux respectivement 190 et 230 m³/s (voir note [3]). D'où il ressort que les crues de février 1977 étaient d'ordre vicennal, et nullement exceptionnelles.
Au total, l'Aisne dans son cours supérieur est une rivière assez abondante, alimentée par des précipitations notables, dans la région des hauteurs de l'Argonne. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 336 millimètres annuellement, ce qui est assez élevé, un peu supérieur à la moyenne d'ensemble de la France, et surtout à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (220 millimètres). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint le chiffre de 10,6 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Cours inférieur - L'Aisne près de Compiègne [modifier]
Entre Givry et la fin de son parcours, l'Aisne a traversé toute l'étendue de la Champagne crayeuse et reçu notamment une série d'affluents moins irréguliers, aux étiages peu sévères, aux crues faibles et au débit maximal décalé vers la période de fin d'hiver et du printemps, tels la Retourne, la Suippe et la Vesle. L'Aisne a aussi bénéficié de nombreux apports souterrains liés à la présence d'eaux souterraines abondantes. Une bonne partie de l'eau des précipitations en Champagne crayeuse échappe en effet à l'écoulement et après s'être infiltrée, est stockée dans le sous-sol, étant donnée la grande perméabilité des terrains. Mais ces eaux d'infiltration ne sont perdues que momentanément par les petites rivières et finissent par retourner aux cours d'eau les plus importants qui coulent toujours en contrebas. En d'autres termes le sous-sol de la Champagne joue le rôle de régularisateur : il absorbe une partie de l'eau excédentaire durant l'hiver, et, lorsque les nappes souterraines ont bien remonté, en fin d'hiver et au printemps, restitue cette eau à la rivière principale de la région, en l'occurrence l'Aisne. Ce phénomène se produit aussi en faveur de la Marne voisine.
De ce fait le profil de l'Aisne s'est relativement adouci lors de la traversée de la Champagne. Elle est devenue plus régulière, son débit d'étiage a nettement augmenté, et sa période de hautes eaux s'est allongée au printemps.
Son débit a été observé durant une période de 42 ans (1961-2002), à Trosly-Breuil, localité du département de l'Oise située un peu en amont de Rethondes [4]. Le bassin versant de la rivière y est de 7 940 km², soit la presque totalité de celui-ci.
Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à Trosly-Breuil est de 65,4 m³/s.
La saison des hautes eaux s'étend désormais de décembre à début mai pour des débits mensuels moyens allant de 85 à 120 m³/s, avec un maximum en février. La saison des basses eaux se produit de juillet à octobre avec un minimum devenu très confortable de 24 m³/s au mois d'août. Le débit d'étiage VCN3 en cas de quinquennale sèche, passe de 2,1 m³/s (Givry) à 8,6 m³/s à Trosly-Breuil. Il fait plus que quadrupler, alors que le module ne fait que doubler.
Débit moyen mensuel de l'Aisne (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Trosly-Breuil
Données calculées sur 42 ans
A Trosly-Breuil, les QIX n'ont pas été calculés, mais les QJ ou débits calculés pour une crue journalière l'ont bien été. Le QJ 5 vaut 310 m³/s et le QJ 50 500 m³/s. Ces niveaux sont bien suffisants pour occasionner de sérieux débordements. Et si le débit moyen a doublé entre les deux localités, les débits de crue n'ont augmenté que de 45 à 55 %.
Enfin, la lame d'eau écoulée dans le bassin versant de l'Aisne est passée de 336 millimètres à 260 annuellement, ce qui devient inférieur à la moyenne d'ensemble de la France, mais reste supérieur à la totalité du bassin de la Seine (240 millimètres). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) n'atteint désormais plus que 8,2 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Débits des cours d'eau du bassin de l'Aisne [modifier]
Nom Localité Débits en m³ par seconde Côte
max(m) Max.
instant. Max.
journ. Lame
d'eau
(mm) Surface
(km²)
Module VCN3
(étiage) QIX 2 QIX 5 QIX 10 QIX 20 QIX 50
Aisne Passavant-en-Argonne 2,66 0,027 24 35 43 50 59 3,18 46,9 45,6 377 223
Ante Châtrices 0,993 0,029 9,3 13 15 17 20 2,34 14,0 13,1 278 113
Biesme Le Claon 0,925 0,014 15 19 21 23 26 2,80 23,3 17,3 411 71
Aire Chevières 13,6 0,420 100 140 160 180 210 3,49 240,0 190,0 431 1 000
Aisne Mouron 23,9 1,100 150 210 250 290 340 3,93 296,0 310,0 332 2 280
Aisne Givry 31,2 2,100 190 230 260 290 330 5,09 300,0 297,0 336 2 940
Vaux Écly 4,46 0,300 54 74 87 99 - 2,90 113,0 87,7 446 316
Retourne Houdilcourt 1,59 0,050 2,8 4 4,8 5,5 6,5 1,48 - 7,5 156 322
Suippe Orainville 4,34 0,300 7,8 11 13 15 17 1,54 16,4 16,4 171 802
Aisne Berry-au-Bac 48,20 3,900 200 280 330 380 450 3,78 - 478 291 5 230
Vesle Braine 7,72 1,400 18 24 27 31 - 1,89 34,1 32 169 1 440
Crise Soissons 0,78 0,310 2,3 2,8 3,2 3,5 - 0,90 3,8 3,4 209 118
Aisne Trosly-Breuil 65,40 8,600 220 310 370 420 500 3,69 - 451,0 260 7 940
Tourisme [modifier]
La pêche [modifier]
Du point de vue piscicole, l'Aisne est classée cours d'eau de deuxième catégorie. La rivière est riche en poissons blancs dont les plus représentés sont les gardons, les ablettes et les brèmes. Elle abrite également de belles populations de brochets, de carpes, de tanches, de barbeaux, de goujons et de perches. Toutes ces populations sont présentes en grande densité.
Monuments et sites à visiter [modifier]
* Soissons, sa cathédrale gothique et ses abbayes.
* Compiègne, son château et sa forêt.
* Rethondes et la clairière de l'armistice.
* Asfeld et son église très particulière.
* Rethel
* Vouziers
* Les belles forêts de l'Argonne.
Notes et références [modifier]
1. ↑ Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre II, 5.
2. ↑ Banque Hydro - Station H6221010 - L'Aisne à Givry (ne pas cocher la case "station en service")
3. ↑ Le QIX 20 ou débit calculé pour une crue vicennale, est la valeur du débit calculé pour une crue ayant statistiquement une chance sur vingt de se produire chaque année. On calcule aussi le QIX 50, c'est-à-dire la valeur du débit calculé pour une crue cinquantennale. Enfin le QIX 2 et le QIX 5 sont les débits calculés pour une crue biennale et quinquennale, c'est-à-dire une crue qui doit se produire en moyenne tous les deux ou cinq ans. Ils permettent d'apprécier les risques à plus court terme.
4. ↑ Banque Hydro - Station H6531011 - L'Aisne à Trosly-Breuil (ne pas cocher la case "station en service")
Divers [modifier]
L'Aisne est une rivière navigable sur laquelle de nombreuses écluses sont aménagées. La partie amont de la rivière, non navigable, est également appelée « Aisne sauvage ».
Articles connexes [modifier]
* La liste des rivières de France
* La Vaux
* La Serre
* La Suippe
Libellés :
Aisne,
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